Mohamed Sassi : « La Tunisie doit redevenir actrice de son lien à l’Europe »
vendredi 31, octobre 2025
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Qu'est-ce différencie votre ouvrage des autres travaux sur ce sujet ? C'est avant tout un livre d'histoire, réalisé par un historien-économiste de métier, formé à la Sorbonne et habilité à diriger des recherches. Il s'appuie donc sur une méthodologie rigoureuse et repose sur des archives nationales, notamment celles du ministère des Affaires étrangères, versées en 2012. Ce travail a été validé par des acteurs clés, comme feu Taher Sioud, qui fut le négociateur principal durant les années 70 et 90. Il vient ainsi combler un vide en offrant une analyse approfondie d'un pan méconnu de l'histoire contemporaine tunisienne.
Initialement, mes recherches portaient sur les relations euro-méditerranéennes. La disponibilité nouvelle des archives m'a permis d'approfondir cette thématique de manière significative.
En 2025, pourriez-vous évaluer le bilan et la nature des relations entre la Tunisie et l'Union européenne ?
Le livre apporte des éléments de réponse à cette question cruciale. Il reflète des évaluations contrastées : certains y voient un impact positif, d'autres des effets néfastes sur l'économie tunisienne. La réalité est sans doute plus nuancée. Il nous faut aussi nous remettre en question en tant que Tunisiens, identifier nos erreurs et nos visions à court terme pour pouvoir les corriger.
L'évaluation de l'accord de 1995, le plus récent, est centrale. À ma connaissance, il n'a jamais fait l'objet d'une évaluation exhaustive. Certaines analyses, partielles, dénoncent l'inadéquation de l'appareil productif, tandis que d'autres, comme celle de l'ancien ministre de l’Industrie, Afif Chelbi, mettent en avant la réussite de la mise à niveau industrielle. La véritable difficulté réside dans le principe de réciprocité, imposé par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
La Tunisie a bénéficié d'une période de grâce de douze ans pour s'adapter au jeu de la concurrence internationale avant l'ouverture complète de son marché. Or, la Révolution de 2011 est survenue au moment précis où cette réciprocité devait pleinement s'appliquer.
Retrouvez la suite de cette interview dans le prochain numéro de L’Économiste Maghrébin.