ZOOM – Le dinar tunisien : vers une zone de turbulence?
vendredi 17, janvier 2025
Depuis le début de l’année, il faut environ 3,15 dinars pour obtenir un dollar, mais pour combien de temps encore? Une certaine stabilité semble s’installer après les pressions qui avaient pesé sur la monnaie nationale. Cette stabilité du dinar tunisien reste néanmoins fragile dans un contexte économique et financier marqué par des incertitudes.
La Banque centrale de Tunisie (BCT) maintient pour le moment son taux directeur inchangé à 8 %. Un choix visant à contenir l’inflation, qui s’élève actuellement à 6,7 %. Tout en évitant d’asphyxier davantage l’activité économique. Pourtant, les tensions sont palpables : les ménages, confrontés à une érosion continue de voir dégringoler leur pouvoir d’achat, cherchent à se protéger en diversifiant leurs placements, allant vers des devises étrangères, l’or ou encore des actifs immobiliers.Un contexte économique et financier complexe
L’économie tunisienne repose sur des piliers comme le tourisme, les exportations agricoles et les industries manufacturières, notamment dans le textile et les composants automobiles. Cependant, ces secteurs sont fragilisés par la montée des coûts d’importation, le ralentissement de la demande extérieure et une inflation importée. La pandémie de COVID-19 et les tensions régionales ont exacerbé ces vulnérabilités, plongeant les ménages dans une spirale de méfiance vis-à-vis de la monnaie nationale. Depuis plusieurs mois, les politiques monétaires et de change de la BCT suscitent des interrogations. Tandis que le niveau de l’inflation demeure élevé, des voix s’élèvent pour critiquer une politique qui ne parvient pas à renforcer la valeur du dinar. Les ménages et les entreprises privilégient les devises fortes pour préserver leur épargne ou capitaliser sur des opportunités à l’étranger. Ce phénomène, combiné à une faible confiance dans les institutions, alimente une dollarisation rampante de l’économie.Depuis plusieurs mois, les politiques monétaires et de change de la BCT suscitent des interrogations. Tandis que le niveau de l’inflation demeure élevé, des voix s’élèvent pour critiquer une politique qui ne parvient pas à renforcer la valeur du dinar.