L'IACE recommande l'adoption d'« une approche homéopathique » afin de gérer l’économie de rue
mardi 5, mars 2024
Elle englobe toutes sortes d'activités économiques, sociales, culturelles et artistiques se déroulant dans les rues.
Méprisée, auparavant, par les économistes et les politiciens, cette économie est devenue le principal pourvoyeur des besoins des pauvres, avec des centaines de sous-secteurs.
Ainsi, l’IACE a estimé que la création de marchés formels, organisés dans des centres fermés plutôt que dans les rues, ne constitue pas une solution durable et économiquement rentable, pour les professionnels de l’économie de rue. Et ce, en raison de la capacité limitée des marchés formels, de la perte de l'aspect stratégique de cette économie, des obstacles fonciers et budgétaires… D’où l’impératif de définir une alternative, loin des approches axées sur la répression ou la marginalisation.
Il s’agit de mettre en place des mécanismes progressifs, flexibles et inclusifs, garantissant la régulation adéquate de cette activité et sa conciliation avec les exigences de la vie urbaine.
Ceci étant, l’IACE souligne la nécessité d'intégrer les vendeurs et marchands de rue de manière ordonnée et respectueuse de l'environnement urbain. En aménageant des espaces dédiés, régulés et adaptés à chaque acteur. De même qu'en veillant à ce que ces derniers n’entrent pas en concurrence directe avec les établissements commerciaux avoisinants.
En outre, l’institut recommande de mener une sélection réfléchie des bénéficiaires de ces espaces, en privilégiant ceux qui ont démontré leur aptitude à en faire un moyen de subsistance stable et durable, à même de garantir une certaine maîtrise de l'activité et de s'assurer que les participants respectent les lois en vigueur.
Il réitère, également, l’impératif de la légalisation graduelle du marché informel vers l'intégration complète dans le cadre légal. « L'établissement de mécanismes fiscaux et administratifs appropriés, tout en maintenant une présence dans la rue, offre une voie vers une régulation efficace, en évitant une transition brutale qui pourrait perturber l'équilibre actuel », note encore l’IACE.
Il serait judicieux, en outre, selon l’institut, d’établir un contrôle administratif et civique, pour garantir le respect des règles établies.
« La régularisation des commerçants, la gestion territoriale et l'imposition de taxes raisonnables contribueront à maintenir l'ordre, tout en favorisant une coexistence harmonieuse », lit-on aussi dans la note.
L’Institut recommande enfin d’opter pour des horaires flexibles pour ces activités. Ce qui permettra d'harmoniser l'économie de rue avec la vie urbaine.
Avec TAP