Nous avons toujours de bonnes raisons d'espérer
dimanche 28, janvier 2024
Nul ne peut douter que le contexte macroéconomique dans lequel évoluent nos entreprises est plutôt morose. La croissance économique est restée molle depuis quelques années. Nous avons fait 4.5% de croissance en 2021, et l’année 2020, l’année du Co-vid, a enregistré une croissance négative de 9%. En 2022, notre croissance a été très modeste, soit 2.4%, et on serait pour l’année écoulée 2023 vraisemblablement autour de 1%. Clairement, nos voisins et la quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique ont fait mieux que nous.
Nous payons sans doute le prix de l’effet de la faible pluviométrie qui perdure depuis plus de 5 ans, avec des niveaux de précipitations largement inférieurs à la moyenne enregistrée au cours des dernières décennies avec, en prime, une situation de quasi-sécheresse sur les deux dernières années. Mais cela n’explique pas tout. En réalité, sur les trois moteurs usuels de la croissance économique, deux sont en berne, voire en panne, à savoir l’investissement et la consommation. Le troisième, qui est l’export, fonctionne fort heureusement mais pas assez par rapport au potentiel. L’inflation a été plutôt contenue en 2023, mais elle reste tout de même à un niveau élevé (9%) et elle est de 13% pour les seuls produits alimentaires. Deux bonnes nouvelles néanmoins à la clôture de l’année 2023 : la réduction du déficit de la balance commerciale et donc du déficit de la balance des paiements. La balance des paiements a aussi mieux tenu sous le double effet et du rebond des recettes touristiques et du maintien à un rythme élevé, depuis quelques années déjà, des transferts des Tunisiens résidents à l’étranger.En réalité, sur les trois moteurs usuels de la croissance économique, deux sont en berne
Ceci a permis la stabilisation du taux de change du dinar par rapport aux principales devises que sont l’euro et le dollar. C’est ce contexte macroéconomique peu encourageant, auquel s’ajoute le milieu institutionnel de l’investissement et de conduite des affaires, non encore stabilisé et de moins en moins attractif, qui impactent nos entreprises. Elles en subissent tous les effets de façon directe et indirecte. Elles deviennent, dans l’ensemble, plus fragiles et leur capacité de résilience est, au fil des années, entamée. Nous assistons à de plus en plus de casses dans le tissu des entreprises.Tout de même, il y a, fort heureusement, dans ce tissu, des entreprises qui continuent à réussir malgré le contexte défavorable. Elles font de la croissance, de la forte croissance même, elles continuent à créer de la valeur, à offrir des opportunités pour nos jeunes et à porter haut et avec succès la marque « made in Tunisia », bien au-delà de nos frontières.