Les douleurs insoutenables du peuple syrien
lundi 13, février 2023
La scène est terrifiante. Des Syriens, hommes, femmes et enfants, assis sur un trottoir. Ils ont la chance d’avoir échappé à la mort massive qui émergeait des entrailles de la Terre, en ce lundi fatidique du 6 février 2023. Mais ils ont aussi le malheur d’avoir tout perdu en un rien de temps. La caméra de télévision les montre assis, l’air hébété. Qui va les nourrir? Comment vont-ils se protéger des morsures du froid? Où vont-ils passe la nuit? Nul n’a la moindre idée.
En Syrie, selon les services de l’ONU, ils sont cinq millions dans ce cas. Cinq millions d’êtres humains ont besoin d’abris, de nourriture, de soins, de médicaments. Le reste de la population syrienne est à peine mieux lotie. La Syrie ressemble à cette mère agonisante où s’agglutinent autour d’elle des enfants ne sachant trop que faire. Les douleurs qui continuent d’être infligées au peuple syrien sont insoutenables. Aux destructions de douze ans de guerre se sont ajoutés les dégâts terrifiants du violent séisme.De sorte que nul aujourd’hui ne puisse les différencier. Avant le 6 février, l’Etat syrien avait toutes les difficultés du monde de faire face aux conséquences de la guerre. Aujourd’hui, il se trouve dans l’incapacité absolue de gérer les conséquences de deux désastres et appelle tous les pays, amis et ennemis, à l’aide. Pourtant, avant les déchainements haineux destructeurs des grandes puissances, la Syrie, sans être un paradis, assurait plus que le minimum à ses habitants en termes de revenus, d’éducation, de santé et de sécurité. La Syrie non seulement nourrissait, éduquait et soignait ses habitants, mais exportait ses surplus de produits agricoles, pharmaceutiques, énergétiques et autres. Aujourd’hui, et cela dure depuis des années, le nord-ouest de la Syrie, où se trouvent les terres les plus fertiles et les plus grands gisements de pétrole et de gaz, est occupé par les forces américaines. Le blé est accaparé par les oppositions hétéroclites syriennes. Et l’énergie est exploitée par les sociétés pétrolières multinationales, les unes et les autres étant protégées par l’armée américaine.Les ruines du drame causé par l’Homme se sont mélangées avec les ruines du drame causé par la Nature.
Les sanctions sont si strictes, si impitoyables que même un simple citoyen syrien vivant à l’étranger ne peut envoyer une somme d’argent, aussi minime soit-elle, à sa famille ou à ses amis pour les aider à survivre. Ces sanctions, soit dit en passant, n’ont pas été décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU ou un quelconque organisme international approprié. Mais par le sénat américain qui s’arroge le droit de légiférer non seulement pour l’Amérique; mais aussi pour tout autre pays qui n’est pas en odeur de sainteté à Washington. Ce n’est pas parce qu’ils ont reçu un mandat international de sanctionner des pays comme l’Irak, la Syrie, la Libye ou le Venezuela. Mais parce qu’il ont les moyens militaires et la puissance politique d’imposer des sanctions et de forcer les autres pays à les respecter. Qu’appelle-t-on cela sinon la loi de la jungle?Mais les Etats-Unis ne se contentent pas de priver la Syrie d’une bonne partie de son territoire, vitale pour la nourriture et les besoins énergétiques du peuple syrien. Ils imposent aussi des sanctions paralysantes qui privent le pays de toute possibilité d’importation, d’exportation et de toute transaction financière avec le système bancaire international.