Etat – Entreprise : le conflit d’intérêt qui fait mal à l’économie
lundi 26, décembre 2022
Au-delà des débats interminables sur les chiffres de la Loi de Finances (LF 2023), il y a une approche à analyser.
Le problème de fond c’est que l’Etat d’une part, et les autres opérateurs économiques privés d’autre part, poursuivent des objectifs qui divergent de plus en plus. Nous sommes confrontés à un conflit d’intérêt qui risque de faire mal à l’économie à long terme. Bien que le texte final de la LF 2023 comporte de bonnes mesures pour certains secteurs, les critiques ont concerné le tour de vis fiscal. Les pénalités ont été aggravées, les délais de dépôts des déclarations mensuelles réduits, la TVA et l’impôt sur les sociétés révisés à la hausse pour certaines activités. Certes, les techniciens du Ministère des Finances sont conscients que ces décisions vont mettre les entreprises sous pressions. Elles pourraient même les contraindre à des mesures contre-productives. Mais, ces mêmes techniciens ont une obligation de résultats immédiats. D’abord, il y a le FMI qui demande aux autorités de mobiliser le maximum de ressources propres, autrement dit fiscales. Même s’il y a l’intention de céder des actifs à titre d’exemple, cela prendra des mois, voire des années, sans compter les problèmes sociaux qui vont en découler. Le seul moyen qui permet de réaliser des rentrées d’argent sans fournir plus d’efforts est l’outil fiscal. La cible la plus simple est la population qui visite chaque mois les recettes des finances.Les mesures qui visent l’intégration de l’économie parallèle ne peuvent pas donner une satisfaction rapide. Pour compenser cela, l’accent sera mis sur la digitalisation et l’exigence de la régularisation de la situation fiscale pour bénéficier de certaines prestations. En second lieu, l’Etat pense à son endettement. Plus il récupère rapidement ses recettes, plus il interviendra moins sur le marché des Bons de Trésor. Encaisser les taxes au plus tard le 15 de chaque mois au lieu du 28 lui permettra d’avoir un tableau de bord plus clair et de payer moins de charges financières. Enfin, il y a une pression politique. Le gouvernement ne peut pas se permettre des retards dans le versement des salaires ou de délaisser définitivement les entreprises publiques. Avec toutes ces critiques, il doit faire preuve de sa capacité à assurer les matières de première nécessité à la population. Avec la rationalisation progressive des subventions, il n’a pas plus d’excuses pour un manque d’un ou plusieurs produits. Et pour assurer tout cela, il a besoin de renflouer ses caisses."Bien que le texte final de la LF 2023 comporte de bonnes mesures pour certains secteurs, les critiques ont concerné le tour de vis fiscal"