Habib Karaouli : Non à la privatisation des entreprises publiques, oui à leur restructuration
mardi 15, novembre 2022
La situation alarmante de l’économie, l’accord préliminaire entre le gouvernement Bouden et l’institution Bretton Woods, le système de compensation, la réforme des entreprises publiques, l’impôt sur la fortune. Tels étaient, entre autres, les sujets brûlants que Habib Karaouli, expert économique et PDG de Cap Bank, a évoqué lors de son passage, hier lundi 14 novembre 2022, sur les ondes d’une radio locale. Extraits de cette brillante intervention.
Revenant sur la l’étouffante crise économique dans laquelle notre pays est plongé jusqu’au cou, l’économiste Habib Karaouli note qu’elle est « complexe et multidimensionnelle ». Tout en estimant que les réformes à entreprendre, dans le cadre préliminaire de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI), dont nous n’avons pas encore tous les détails, ne doivent en aucun cas venir de l’extérieur. Mais elles doivent plutôt s’opérer dans le cadre d’un « consensus tuniso-tunisien » entre les différentes parties prenantes. Et ce, afin d’édifier l’avenir sur des bases solides. A condition, a-t-il tenu à préciser, « que toutes les parties, sans exception, fassent des sacrifices ».Habib Karaouli pour une levée graduelle des compensations
S’agissant du système des compensations qui devrait être levé, selon les exigences de nos bailleurs de fonds, l’invité de Mariem Belkhadi dans la Matinale de Shems FM, a indiqué que ce sujet est tout à la fois « nouveau et ancien ». Il relève que les gouvernements successifs, pour des raisons « politiciennes », ont retardé le traitement de ce dossier. Et que la Tunisie devrait prudemment s’engager « dans une démarche de levée graduelle ». Tout en orientant les subventions vers ceux qui en ont le plus besoin. Prenant à titre d’exemple un produit alimentaire de base, en l’occurrence le sucre, et parallèlement à la levée graduelle des compensations sur ce produit, l’Etat « serait bien inspiré de lancer une large campagne de sensibilisation pour alerter nos concitoyens sur la dangerosité du sucre sur la santé publique ».Pour ce qui est de la réforme « nécessaire » des entreprises publiques, le frère aîné de la célèbre chanteuse Nabiha Karaouili a été catégorique. A savoir qu'il ne faut surtout pas les privatiser. Car, sur le plan technique, « aucune des entreprises publiques ne peut être privatisée ». Mais il est nécessaire de les « restructurer », en procédant à l’étude des institutions étatiques « au cas par cas ». Il indique donc clairement qu’il est en faveur d’une restructuration. « Aucune des entreprises publiques ne peut, techniquement, être privatisée », martèle-t-il. A ce sujet, Habib Karaouli rappelle, à juste titre, que la centrale syndicale se distingue par sa propre vision de l’avenir. De même qu’elle dispose d’un bureau d’études composé de plusieurs experts dans tous les domaines. « Ce qui est de nature à faciliter les négociations entre le gouvernement et le partenaire social », poursuit-il.Techniquement, aucune des entreprises publiques ne peut être privatisée