Quand certains de nos honorables élus touchent le fond de la vulgarité
lundi 5, octobre 2020
Le paysage parlementaire en Tunisie est marqué par de regrettables dérapages de la part de certains élus indélicats. Comme le montre la violence inouïe perpétrée contre Abir Moussi. Ou la goujaterie dont Bochra Belhaj a fait l’objet. Alors, y mettre un terme est une nécessité absolue. Car il en va de notre jeune et balbutiante démocratie.
Pourquoi tous les instituts de sondage sont-ils unanimes à constater que le Parlement se place au bas de l’échelle des institutions dans l’estime des Tunisiens? Loin derrière l’Armée nationale ou encore la présidence de la République. La réponse est simple: l’affligeant spectacle des altercations entre élus. Mais aussi le langage de charretier et les noms d’oiseaux qui fusent à l’hémicycle. Le tout donnant l’impression que le débat public dans notre pays est loin de voler très haut.Elus: insoutenable vulgarité
Un exemple? Lors de la plénière consacrée à une séance d’audition du gouvernement au sujet de la situation épidémiologique, une altercation d’une rare violence éclatait entre Abir Moussi, la présidente du parti Destourien Libre (PDL) et le porte-parole de la coalition hétéroclite d’Al-Karama, Seifeddine Makhlouf. Ainsi, lors d’un dérapage verbal dont il est coutumier, ce sinistre personnage doublé d’un goujat notoire, traitait sa collègue de tous les noms. De « folle et de droguée à la colle au cirage, femelle qui manque d’éducation"… Et j’en passe. Et bien qu'il soit filmé, il est allé jusqu’à lui cracher à la figure, à deux reprises. Au vu et au su des députés, imperturbables. En lançant à ceux qui veulent bien l’entendre qu’il n’a peur de rien ni de personne, immunité parlementaire oblige!Triste, laid et sinistre
D'ailleurs, un comportement digne d’un député qui avait défendu l’indéfendable directeur de l’école de Regueb. Cette école où on violait des enfants innocents. Et qui avait également défié un procureur de la République. En lui lançant publiquement au visage: « Si tu es un homme, viens me voir à Tunis » !! Sans commentaire… Rebelote. Revenant à la charge, le chef de la Coalition de la dignité, a déversé dans un statut FB un flot d’injures ordurières contre Abir Moussi; que la bienséance et la dignité nous empêchent de divulguer.
Bref, toutes les limites des règles du débat et même de la confrontation politique entre élus ont été dépassées. C’était triste, laid et sinistre. A la limite d’un scandale nauséabond.